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paru dans le Quotidien le23/03/2009 PIERRE HEIDEGER Le senior actif Après 30 années passées à la mairie de Trois-Bassins comme premier adjoint ou maire, Pierre Heideger avoue retrouver la joie des plaisirs simples. 
Si vous avez gardé à l'esprit l'image du maire « nœud papillon », à l'allure professorale et transportant toujours un dossier d'un kilo sous le bras, le nouvel Heideger pourra vous surprendre. Le voilà qui nous accueille au baro en tee-shirt, occupé à contenir sa meute de chiens avec qui il a repris plaisir à jouer. « Vous prendrez bien un petit café. » Pierre Heideger est un senior actif comme il aime à se définir. Sur son bureau, pêle-mêle on trouve une revue catholique, un roman, une grille de mots croisés (« mon dada ») et une partition de chant. «]e dois chanter avec la chorale paroissiale pour l'inauguration de la nouvelle église Notre-Dame de Liesse et il s'agit d'être au point. » En continuant l'inventaire du bureau, l'ancien maire tombe sur sa carte du Parti radical. « Je vais vous dire, cette carte, je ne l'ai jamais brandi. j'ai toujours été un élu de base et ma coloration politique n'a jamais été une priorité par rapport à Trois-Bassins.» Pierre Heideger exhume une vieille photo en noir et blanc d'un petit gamin en culotte courte, fils d'ouvrier lorrain et petit fils de mineur. «Ce que je suis, je le dois à l'école de la République. » Son regard s'illumine lorsqu'il retrouve sa vieille carte de scout : «Voyez-vous, ça j'y tiens. Si aujourd'hui je milite dans des associations caritatives chrétienne comme ATD Quart monde, si j'ai passé une partie de ma vie au service des autres, ce n'est pas un hasard.» Dans un coin, l'écran d'ordinateur est branché sur les sites d'informations. On ne se désintoxique pas comme ça... Car quand on a exercé comme lui des fonctions électives pendant 30 ans sans discontinuité retrouver une vie normale n'est pas chose facile. «J'ai été pendant 30 ans marié à ma commune. Toujours sous pression : la réglementation, les partenariats, les financements... Dans un village comme Trois-Bassins qui a peu de moyens propres, il faut toujours courir et se battre pour des financements. On est en permanence dans une seringue.» Trente ans et tout à coup, «il faut réapprendre beaucoup de choses : la vie à deux, faire ses courses, conduire.» Finalement, passé la déception de la défaite - «c'est le jeu démocratique, il faut en accepter les règles» - Pierre Heideger ne se sent pas si malheureux dans la peau d'un opposant. «On est dans l'analyse, le débat, le travail de fond ». Si ce n'était les conditions dans lesquelles s'exerce cette opposition, il serait même heureux. «Le maire nous empêche d'exercer notre mandat d'élu dans un climat serein. Nous sommes surveillés, certaines personnes n'osent même plus me saluer dans la rue. Et surtout, il y a des projets qui s'arrêtent. Je vous le dis franchement, j'ai mal à ma commune. » Mais il en faudrait plus pour décourager un vieux routier de la politique. Qui dit pouvoir compter sur une équipe motivée. Il compte bien s'affranchir des obstacles semés sur sa route et sera présents aux prochaines échéances électorales. Le cri de rassemblement de sa troupe de scouts n'était-il pas «Daim court toujours»? L.B |